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Le Petit Livre Rouge de la Culture
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    La suite du procès de catholiques intégristes renvoyée au 19 avril (AFP)

    PARIS, 15 fév 2013 (AFP) – Le procès de 34 catholiques intégristes, jugés par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir perturbé en octobre 2011 le déroulement d’une pièce qu’ils jugeaient « blasphématoire » au Théâtre de la Ville à Paris, se poursuivra le 19 avril.

    Les débats sur le fond avaient commencé le 1er février devant la 24e chambre correctionnelle et devaient reprendre ce vendredi. Mais l’audience a été renvoyée car une magistrate assesseur était souffrante.

    Les 34 prévenus encourent trois ans de prison et 45.000 euros d’amende pour avoir « de manière concertée » et par « voies de fait, destructions ou dégradations » fait entrave à la liberté d’expression.

    Les 22, 23 et 26 octobre 2011, ils avaient été interpellés après avoir interrompu au bout de moins d’une demi-heure la pièce de l’Italien Romeo Castellucci « Sur le concept du visage du fils de Dieu », en montant sur la scène où ils avaient prié et chanté des cantiques.

    Certains avaient utilisé des sifflets et lancé des boules puantes dans la salle de spectacle, en criant « cathophobie, ça suffit » ou « à bas la République ».

    A plusieurs reprises durant une semaine, des centaines de manifestants portant crucifix, chapelets et bannières du Sacré Coeur s’étaient rassemblés devant le théâtre à l’appel de mouvements comme Civitas ou le Renouveau Français, afin de perturber le spectacle.

    Ils criaient à la « christianophobie » à cause des dernières minutes de la pièce où un visage géant du Christ semble souillé par des excréments, écho de la souffrance des deux personnages, un vieillard incontinent et son fils qui le lave et le change.

    A l’audience du 1er février, 18 prévenus étaient présents. Tous ceux qui avaient été interrogés avaient cherché à démontrer qu’ils ne s’étaient pas concertés pour monter leur action. Plusieurs avaient dit avoir ressenti du « dégoût » devant un spectable « choquant » et « un peu déviant », l’un ayant expliqué avoir voulu « défendre l’honneur de (sa) foi » catholique.

    A l’issue de l’audience du 19 avril, le tribunal devrait mettre sa décision en délibéré.

    Le mariage pour tous devant le Sénat à partir du 2 avril (AFP)

    PARIS (France), 12 fév 2013 (AFP) – Le projet de loi ouvrant le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels sera examiné au Sénat à partir du 2 avril, a annoncé mardi le ministre des Relations avec le Parlement Alain Vidalies.

    « Nous avons convenu de proposer que l’examen du texte commence à partir du mardi 2 avril sous réserve de l’accord de la Conférence des présidents » (au Sénat), a déclaré à la presse le ministre à l’issue de la réunion hebdomadaire du groupe PS au Sénat.

    La date du 18 mars avait été précédemment évoquée mais le gouvernement a choisi le 2 avril, « compte tenu des délais nécessaires pour finaliser les auditions et surtout rédiger le rapport », a expliqué M. Vidalies.

    Ce report permettra au Sénat d’examiner le projet de loi bancaire à partir du 18 mars, a indiqué M. Vidalies.

    Il a précisé avoir prévu sur le texte du mariage gay « une discussion assez large, au moins une semaine et demi ». « Mais il n’y a pas de limite, le gouvernement a pris des dispositions pour que le débat dure le temps nécessaire, si cela doit être deux semaines ce sera deux semaines », a-t-il ajouté.

    Le rapporteur du texte, Jean-Pierre Michel (PS) a affirmé qu’il devrait y avoir peu de modifications sur les articles principaux qui pourraient être ainsi votés conformes.  »On est dans l’optique de garder le fond du texte c’est-à-dire l’ouverture du mariage pour tous et l’adoption pour ces couples, je pense que ces articles seront votés sans beaucoup de modifications, peut-être conformes », a déclaré le sénateur de Haute-Saône.  »On est aussi dans l’optique de mieux examiner tous les articles de coordination, qui concernent l’état-civil, les parents, le livret de famille, sur lesquels il y a certainement à retravailler, ce qui est l’avis même du ministère de la Justice », a-t-il ajouté.

    « Nous avons la volonté de faire le travail très sérieusement. Ce que nous voulons, c’est finir les auditions et disposer du temps raisonnable », a de son côté fait valoir le président PS de la commission des Lois, Jean-Pierre Sueur.

    Interrogé sur l’application du texte en outre-mer, Jean-Pierre Michel a précisé que « si le texte ne s’applique pas à tous les territoires et collectivités, le Sénat y remédiera » tout en convenant que « pour l’instant cette question n’a pas été examinée ». « La loi doit s’appliquer sur l’ensemble de la République », a également assuré M. Sueur.

    Delanoë: la décision sur les rythmes scolaires à Paris prise « fin mars » (AFP)

    PARIS, 11 fév 2013 (AFP) – Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a affirmé lundi que la décision sur l’application en 2013 ou 2014 de la réforme des rythmes scolaires à Paris serait « prise fin mars » et qu’il souhaitait d’ici là « aller au bout (du) débat » avec la communauté éducative.

    La réforme, qui prévoit le rétablissement de la semaine de quatre jours et demi et la mise en place d’activités périscolaires dans le temps ainsi dégagé, a suscité une très vive opposition des professeurs des écoles parisiens, qui devraient participer massivement mardi à un nouveau mouvement de grève.

    « D’abord, ce sur quoi je persiste, c’est la concertation, la décision ne sera prise que fin mars », a déclaré M. Delanoë sur France Info.

    « Mais j’ai écrit à tous les parents, à tous les enseignants, j’ai eu beaucoup de concertation avec les fédérations de parents d’élèves, les personnels de la Ville de Paris concernés, les syndicats d’enseignants, parce que je veux que nous allions au bout de ce débat, et que nous voyons comment nous pouvons réussir une réforme dans l’intérêt de tous, à commencer par les enfants, mais en n’ignorant pas les personnels », a-t-il poursuivi.

    La mairie de Paris, qui privilégiait l’hypothèse d’un allongement de la pause déjeuner et de la mise en oeuvre des activités périscolaires pendant ce temps là, pourrait finalement, face à l’hostilité des enseignants à cette solution, choisir de raccourcir la journée d’école et d’organiser les activités entre 15H30 et 16H30, a expliqué M. Delanoë.

    Les collectivités locales ont jusqu’à fin mars pour décider si elles appliquent la réforme à la rentrée 2013, ou, à titre dérogatoire, en 2014.

    Le maire de Paris avait annoncé début janvier son souhait de voir la réforme s’appliquer dès 2013. Il avait affirmé le 22 janvier, alors que plus de 78% des instituteurs s’étaient mis en grève, qu’il ne « reculera(it) pas ».

    Selon le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire chez les instituteurs parisiens, 80% des enseignants devraient être en grève mardi, un tiers des écoles étant fermées.

    Deux voeux déposés par les groupes PCF-PG et UMP au Conseil de Paris, demandant le report de la réforme à 2014, seront examinés mardi matin par le Conseil de Paris.

    Anne Hidalgo : « Face à la concurrence, il faut un statut propre au Grand Paris » (Les Echos)

    Voici le texte d’une interview d’Anne Hidalgo publiée ce jour par le journal « Les Echos ». Elle est interrogée par Laurence Albert. Vous pouvez également lire cette interview sur le site du journal en cliquant ici.

    Le Grand Paris sera-t-il un sujet phare des municipales ?
    Ce sera un immense sujet puisque c’est en réfléchissant à cette échelle que nous trouverons des solutions aux enjeux que sont le logement, l’emploi ou l’attractivité économique. Il faut se rendre à l’évidence, le schéma de développement imaginé dans les années 1960 avec une ville centre et des villes nouvelles satellites reliées par des transports n’a jamais fonctionné : les habitants se sont installés entre les deux, dans des endroits mal desservis, peu équipés en services et en logements. Il faut donc permettre à cette zone dense de 10 millions d’habitants de vivre mieux.

    Comment ?
    Avec la loi Décentralisation, nous avons l’opportunité de créer une structure de gouvernance efficace pour le Grand Paris. Saisissons-la ! Le temps des métropoles est venu. J’ai confiance en le gouvernement, mais je le redis, ce projet ne peut pas être en demi-teinte : nous avons déjà perdu trop de temps sous la droite. Le gouvernement précédent n’a lancé le Grand Paris que par calcul politicien, pour limiter notre pouvoir, mais n’a pas cherché de solutions. Montrons que nous savons dépasser les particularismes locaux et travailler ensemble.

    Les régions redoutent l’essor des métropoles…
    Je comprends cette inquiétude, mais la loi confirmera leur rôle économique. En revanche, le moteur de la croissance dans les territoires, ce sont les métropoles. Paris est la seule métropole française de taille mondiale. Face à la concurrence internationale qui va devenir encore plus forte, il faut une vision et un statut propre au Grand Paris.

    Sous quelle forme ?
    Une structure de gouvernance démocratique, composée d’élus -je suis contre le modèle anglais des agences -, de maires et de présidents d’intercommunalités, de départements et de régions. Cette structure doit être dotée de compétences en matière de transition énergétique, de solidarité financière, mais surtout de logement. Dans ce domaine, elle doit disposer de pouvoirs concrets en matière d’aménagement, de production, de répartition. Il ne serait pas absurde que Paris partage avec ses voisines ses compétences en matière de plan local d’urbanisme.

    Doit-on élire un supermaire du Grand Paris ?
    Aujourd’hui ce n’est pas nécessaire. L’enjeu n’est pas le pouvoir pour le pouvoir mais le pouvoir pour agir. Et le but n’est pas d’effrayer les communes voisines, avec lesquelles nous avons rétabli un lien de confiance, et qui risqueraient de craindre devoir s’effacer devant Paris.

    Qu’ont à gagner les Parisiens à faire le Grand Paris ?
    Avec la solidarité financière entre les collectivités franciliennes, nous contribuons déjà aux projets métropolitains. Nous avons tout à y gagner ! Des logements plus proches et plus nombreux, des emplois et des déplacements facilités, puisque par exemple, la Seine-Saint-Denis dispose d’un potentiel formidable…. Cessons donc les approches malthusiennes.

    Si le Grand Paris doit booster l’attractivité de la ville, cela signifie-t-il que votre bilan économique est mitigé ?
    Absolument pas. Cela n’a pas de sens de qualifier encore Paris de ville musée comme le fait la droite. Ce n’est pas l’image qu’ont les entrepreneurs étrangers et ils sont nombreux à s’installer ici, comme Google et bientôt Twitter. On nous parle plus volontiers de Velib’ ou du retour des « hauteurs », comme autant de signaux de notre dynamisme.
    Mais, il y a encore beaucoup à faire. Paris a des atouts uniques en matière économique. Le tourisme, bien sûr, mais aussi l’entrepreunariat social, dont Paris est un laboratoire mondial. Enfin, dans un tout autre registre, la création de start-up, pour lequel nous sommes devant Londres. A nous de mieux accompagner leur croissance, pour qu’elles deviennent des PME et que leurs innovations ne soient pas toujours rachetées par des grands groupes. Aider à la création et au développement des PME parisiennes sera l’une de mes priorités. Il ne faut pas oublier que les entreprises, ce sont aussi des ressources supplémentaires pour la ville et des services publics en plus pour les Parisiens.

    Faut-il un nouveau quartier d’affaires ?
    Non, il me semble plus utile de continuer à mêler bureaux et logements, comme c’est déjà le cas dans nos nouveaux quartiers Batignolles, Paris-Nord-Est, Paris rive gauche et porte de Versailles.

    Communiqué de presse de Bertrand Delanoë sur la politique de maîtrise des frais de fonctionnement à Paris

    Paris, le 05 février 2013
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Bertrand Delanoë

    L’Inspection Générale de la Ville de Paris vient de remettre son rapport relatif à la politique de maitrise des frais de fonctionnement courant de la collectivité parisienne entre 2008 et 2011.

    Ce rapport fait état d’une baisse de 5 M€ pour les frais de fonctionnement courant (téléphonie fixe et mobile, fournitures et consommables informatiques, affranchissement, papier, abonnements), soit une baisse de 24 % par rapport à 2008 : -22 % pour la téléphonie, -49 % pour les consommables informatiques, -21 % pour l’affranchissement dans les directions, -12 % pour la dépense de papier et 23 % de volume consommé en moins. Ces résultats  sont la traduction des efforts menés par l’administration parisienne et les élus qui ont su s’approprier des objectifs chiffrés ambitieux et intégrer les meilleures pratiques en la matière.

    A ces efforts s’ajoutent ceux consentis pour d’autres dépenses de fonctionnement : à titre d’exemple, les dépenses événementielles ont été divisées par trois depuis 2001(de 5,5 M€ à 1,8M), les crédits de la direction de la communication par deux (de 15 M€ en 2001 à 7,9 en 2013) et le parc automobile a diminué de 10 % depuis 2008 (de 3056 véhicules à 2747).

    Ces bons résultats doivent nous engager à poursuivre nos efforts. A cet effet, un comité de pilotage sera chargé du suivi des recommandations de l’Inspection Générale car des axes d’amélioration existent (économie de papier et gestion du mobilier de bureau notamment) et d’autres champs doivent être pris en compte. Enfin, comme chaque année depuis 2001, je demanderai aux services, dans le cadre de l’élaboration du budget 2014, de proposer des mesures d’économies supplémentaires afin de consacrer tous les moyens de la collectivité au service des Parisiens et aux priorités définies pour la collectivité parisienne (logement, solidarité, innovation…)

    Mariage gay : enfants, comme les autres

    Voici le texte d’une tribune où je réponds à la députée UMP Valérie Boyer et que le « Huffington Post » a publiée ce 1er février 2013. Vous pouvez la lire également sur le site du journal en cliquant ici.

    La députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a jugé opportun de dénoncer, dans son billet du 30 janvier, la circulaire de la Garde des Sceaux Christiane Taubira, qui facilite l’obtention des certificats de nationalité pour les enfants nés d’une mère porteuse. Elle y voit une manière de faire « entrer la GPA dans notre pays par la petite porte », en escamotant le débat parlementaire.

    Mais seulement, est-ce de la gestation par autrui, comme je préfère l’appeler, qu’il est ici question ? Les imprécisions de la députée sont regrettables autant sur la forme que sur le fond.

    Sur la forme tout d’abord, car cette circulaire n’est rien d’autre qu’un rappel de la loi : tout enfant né à l’étranger et qui dispose d’un acte civil prouvant qu’il a au moins un parent français, devient automatiquement français. Ce n’est rien d’autre que l’article 18 du Code civil.

    Sur le fond, les propos de la députée sont d’ailleurs plus que regrettables, ils sont tout simplement absurdes. Elle croit voir dans cette circulaire l’expression d’un « gouvernement du paradoxe et du faux semblant [qui] cautionne et favorise la marchandisation du corps des femmes » ; mais le paradoxe et le faux-semblant ne résident-ils pas davantage dans le refus de la nationalité française à des enfants déjà nés et dont l’un des parents est français ? L’enfant, être humain à part entière, devrait-il rester dans une zone de non-droit, un apatride, sous prétexte qu’il a été conçu par d’autres procédés que ceux reconnus en France ? Soyons prudents face au risque de marchandisation du corps des femmes, en effet, mais ne dénions pas, ne réifions pas, l’existence des enfants.

    Cette réaction est symptomatique des contradictions qui animent certaines personnalités de droite, voire de la confusion au sein de leur propre rang. Pour s’opposer au mariage pour tous, elles se ruent sur le droit des enfants, sans voir au contraire dans cette avancée historique la garantie enfin acquise d’un cadre juridique, social et affectif normalisé pour tous les enfants, pour toutes les familles, pour tous les parents. Une partie de la droite en vient même à oublier son pragmatisme tant revendiqué : ne doit-on pas protéger un enfant par tous les moyens dès lors que, tout simplement, il existe ? Les enfants nés par GPA sont des enfants, comme les autres.

    Valérie Boyer se trompe de combat. Le gouvernement créera les conditions du débat sur la gestation par autrui en donnant principalement la parole aux femmes et en laissant plus généralement à la raison, et non aux phobies, la place qui est la sienne dans le dialogue républicain.

    Christiane Taubira à l’Assemblée : notre fierté

    Le Monde – 31 janvier 2013

    Bartolone soutient la régularisation d’enfants nés de mère porteuse, « fantômes de la République » (AFP)

    PARIS, 30 jan 2013 (AFP) – Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a soutenu, mercredi sur RTL, la circulaire qui facilite l’accès à la nationalité française pour des enfants nés à l’étranger de mère porteuse, qui sont actuellement des « fantômes de la République », tout en rappelant sa ferme opposition à la gestation pour autrui (GPA).

    Récusant toute « hypocrisie » du gouvernement dans la publication de cette circulaire, dévoilée mardi alors que débutait le débat parlementaire sur le mariage pour tous, M. Bartolone a dit « assumer » ce déroulé « parce que nous parlons d’hommes, de femmes et d’enfants, non pas en devenir, mais qui sont parmi nous ».

    « Je ne crois pas du tout à un plan de communication, bon ou mauvais, sur une question comme celle-là. Nous avons un problème humain et social à régler, la circulaire (de Christiane Taubira envoyée vendredi aux tribunaux, ndlr) tombe au moment où elle tombe », a estimé le président de l’Assemblée.

    Interrogé sur une légitimation de fait de la GPA, M. Bartolone a rappelé qu’il était contre: « tout à fait et d’une manière absolue », « comme la majorité et l’ensemble de l’hémicycle quasiment » au nom du refus de la « marchandisation des corps ».

    « Dans le même temps nous avons un problème: un certain nombre d’enfants qui sont nés comme cela à l’étranger, quand ils grandissent, deviennent des fantômes de la République. Je ne souhaite pas qu’on ait le droit à ces fantômes de la République », a-t-il insisté.

    Quant à la procréation médicalement assistée (PMA), c’est un sujet « totalement différent ». Le projet de loi en discussion est « un texte d’égalité: ce qui est interdit pour les couples hétérosexuels doit être interdit pour les couples homosexuels », à savoir la GPA, mais pour la PMA, autorisée aux couples hétérosexuels, « on élargit le droit et nous l’accordons aux couples homosexuels ».

    Mariage pour tous : Le marathon commence à l’Assemblée (Le Monde)

    Article signé Hélène Bekmezian paru sur le site du Monde.fr ce mardi 29 janvier 2013. Photo © AFP/Lionel Bonaventure. Pour retrouver cet article sur le site du journal « Le Monde » cliquez ici.

    Vingt-quatre heures avant le début de la bataille parlementaire sur le « mariage pour tous », majorité et opposition sont l’arme au pied, prêtes à en découdre, à aller jusqu’au bout pour la première et à faire gripper la machine pour la seconde. A 16 h 30, mardi 29 janvier, les députés donneront le coup d’envoi d’un marathon législatif censé durer jusqu’au 10 février, soir et week-ends compris. Les débats, les commentaires et les analyses des journalistes mobilisés sur le terrain seront retransmis en direct sur Le Monde.fr.

    Pour la gauche, il faudra veiller à ne pas reproduire l’ouverture désastreuse des débats sur le pacs, en 1998, où la droite, en supériorité numérique, avait réussi à faire rejeter le texte d’emblée. « Des tours de présence » ont été organisés, a ainsi prévenu Jean-Jacques Urvoas (PS, Finistère), notamment pour assurer les deux week-ends de débats, moments à risque où l’opposition pourrait prendre la majorité par surprise. Le 12 février, un vote solennel aura lieu et, à de rares exceptions près, celui-ci devrait se montrer très clivant gauche-droite.

    Le projet de loi ira ensuite au Sénat et, après toutes les navettes entre les deux chambres, le « mariage pour tous » devrait être définitivement adopté au mieux vers la fin avril, dans le respect du calendrier promis par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Sur ce texte,  ni la procédure accélérée ni le « temps programmé » – qui permet de fixer à l’avance la durée des débats – n’ont été engagés ; le gouvernement a souhaité se montrer soucieux de la liberté de parole de l’opposition, qui ne s’en est pas privée.

    Pour le moment, 5 362 amendements ont été déposés. 5 166 émanent de l’UMP, 94 de l’UDI, 59 de députés non-inscrits, 13 des écologistes, 12 des socialistes et apparentés, 11 des radicaux de gauche et 7 de la Gauche démocrate et républicaine. 3 298 d’entre eux ont été déclarés recevables ; un tiers d’entre eux interviennent avant l’article 2 de la loi.

    Après la séance de questions au gouvernement de mardi 29 – de 15 heures à environ 16 h 15 – qui devrait déjà être en grande partie consacrée au sujet du « mariage pour tous », les députés entreront dans le vif de l’examen. Avant le début de la discussion générale – au cours de laquelle des orateurs (parfois plusieurs dizaines) défilent à la tribune pour exprimer le point de vue de leur groupe sur le texte qui s’apprête à être étudié – la droite déposera deux motions.

    La première, la « question préalable », sera défendue par Henri Guaino (UMP, Yvelines) qui expliquera en quoi, selon son groupe, le texte est jugé inopportun est donc ne devrait pas être débattu. La seconde, la « motion de renvoi en commission », sera, elle, défendue par Jean-Frédéric Poisson (UMP, Yvelines) qui aura pour objectif de faire renvoyer le texte en commission pour un nouvel examen. Sauf surprise, aucune des deux ne devrait être adoptée. Pendant la discussion générale, à un moment qui n’a pas encore été décidé, Laurent Wauquiez (UMP, Haute-Loire) défendra lui une « motion référendaire » pour « forcer le débat sur cette question du référendum ».

    Les premières heures du débat – de mardi après-midi à mercredi soir avant un répit de 24 heures jeudi – seront capitales et donneront le ton des débats à venir. Le premier week-end d’examen (les 2 et 3 février) sera également à surveiller ; l’opposition, qui ne sera pas encore épuisée par de longs jours de débats, choisira probablement ce créneau pour tenter de prendre la majorité à revers et faire un « coup ».

    Enfin, la procréation médicalement assistée (PMA) devrait s’inviter dans les discussions, même si elle a été au final retirée du projet de loi ; les écologistes, notamment, ont déposé un amendement pour réintroduire la mesure dans le projet de loi mariage. Tout comme la députée Marie-George Buffet (GDR, Seine-Saint-Denis), les écolos ne font pas confiance au marché passé entre le gouvernement et le groupe PS qui a accepté de retirer son amendement PMA au profit d’une grande loi famille comprenant le dispositif.

    L’avenir de la PMA, qui devrait être adoptée « avant la fin de l’année 2013″ selon l’exécutif est en effet encore loin d’être garantie, au vu des obstacles juridiques et politiques qui commencent à s’amonceler.

    Tribune du 14 avril 2004 : « Un mariage d’un nouveau genre »

    Le 14 avril 2004, Clémentine Autain et moi, alors tous deux Adjoints au Maire de Paris, nous publiions une tribune dans le journal « Libération » intitulée : « Un mariage d’un nouveau genre ». Cela fait bientôt 9 ans… Le sous-titre disait : « Pourquoi un couple de même sexe serait-il moins légitime qu’un couple de sexe différent ? » Je vous invite à la lire ci-dessous ou à la retrouver sur le site de Libé en cliquant ici.

    Quand la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et le Québec offrent le mariage aux couples de même sexe et que le nouveau Premier ministre espagnol va demander au Parlement de légiférer, que fait la France ? L’adoption du Pacs, sous le gouvernement Jospin, a constitué une avancée. Pour la première fois, une égalité entre les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle, est reconnue. Pour autant, l’existence de deux formes d’union légale traduit une hypocrisie et le droit français maintient une situation de discrimination en n’ouvrant pas le mariage aux couples de même sexe. Aujourd’hui, nous sommes face à un système à deux vitesses, le mariage présentant des droits supérieurs à ceux du Pacs : célébré en mairie, il ouvre immédiatement des droits en matière d’héritage, offre des avantages fiscaux… et constitue un point d’appui pour les étrangers dans le cadre du regroupement familial.

    En toute tranquillité, l’Etat viole ainsi l’un de ses principes fondamentaux : l’universalité des droits, l’égalité de tou-te-s les citoyen-ne-s devant la loi. Comment peut-il continuer à assumer une telle infériorisation d’une partie de la population ? Pourquoi un couple de même sexe serait-il moins légitime qu’un couple de sexe différent ? Nous revendiquons à la fois une refonte de l’union légale, la fin des discriminations et une autre conception de la famille. A l’évidence, l’ouverture du mariage aux gays et lesbiennes présente un caractère profondément subversif. Au-delà des droits concrets, l’affaire est symbolique : l’origine du mariage et de sa fonction sociale se conjugue mal avec l’entrée dans cette institution des couples de même sexe.

    «Vous mariez pas les filles, vous mariez pas !» Ce refrain entonné par Boris Vian pourrait se lire sur toutes les lèvres féministes, rappelant ainsi combien le mariage porte historiquement les valeurs hétéro-patriarcales et familialistes. Dans sa version religieuse ou civile, le mariage a scellé l’infériorité des femmes et érigé la procréation au rang d’obligation. Véritable pilier de l’organisation sociale, la famille sacrée par le mariage se fait modèle : le patriarche, sa femme et ses enfants. Le code civil napoléonien avait inscrit dans le marbre les préceptes : « la femme doit obéissance à son mari» et doit se soumettre au «devoir conjugal». Il a fallu attendre 1938 pour que les femmes mariées obtiennent la capacité civile et sortent ainsi du statut de mineures dans lequel elles étaient enfermées. Aujourd’hui encore, même si l’émancipation des femmes et l’émergence de nouvelles formes de familles ont bousculé l’ordre établi, le mariage incarne une certaine idée du couple et de la famille. Par exemple, lors de la célébration du mariage, le maire remet le «carnet de famille», avec ses pages pour chaque naissance d’enfant. Si des marges de liberté ont été conquises, le mariage constitue encore un élément de promotion du mode de vie majoritaire. Cette critique du mariage ne remet pas en cause les choix individuels. D’ailleurs, tous les couples ne donnent pas le même sens à leur mariage.

    L’ouverture aux gays et lesbiennes serait un pied de nez à la conception traditionnelle du mariage et donc de nature à modifier profondément le sens de cet acte. En effet, si le but du mariage n’est plus d’assurer l’ordre des sexes et des sexualités, on peut légitimement s’interroger sur sa fonction. Une réforme de fond en comble de l’union publique entre deux personnes est sans aucun doute à envisager. Ne faut-il pas s’orienter vers une individualisation des droits, notamment en matière de fiscalité ? L’obligation de fidélité, inscrite dans la loi, a-t-elle encore un sens ? Ainsi, les modifications entraînées par l’ouverture aux couples de même sexe doivent être l’occasion de repenser l’union légale et profiter, de ce fait, à l’ensemble des couples. La réforme du divorce, en cours d’adoption, participe déjà à redessiner les contours d’un mariage plus en phase avec les évolutions sociales en cours.

    Par ailleurs, certains objectent à l’ouverture du mariage que les gays et les lesbiennes ne souhaitent pas ­ ou n’ont pas à ­ se mouler dans une institution si éloignée de leurs valeurs et de leur mode de vie. D’abord, il serait surprenant que les modes de vie des gays et des lesbiennes soient toujours si différents de ceux des couples hétérosexuels. Ici comme ailleurs, méfions-nous des préjugés. En outre, si nombre de couples de même sexe n’aspirent pas aujourd’hui au mariage, c’est parce qu’il leur est fermé. D’ailleurs, l’appel d’air suscité à San Francisco, où les couples homosexuels sont venus par milliers devant le maire ­ hétérosexuel ­ n’est-elle pas déjà une réponse ?

    L’ouverture du mariage sous-entend aussi la possibilité pour les couples de même sexe d’élever des enfants. Nous n’opposons pas les deux revendications car nous pensons qu’elles s’articulent. La possibilité pour un-e célibataire d’adopter montre que la présence de deux personnes n’est plus un impératif pour élever un enfant. Là encore, l’hypocrisie est évidente, et ce d’autant qu’il existe déjà des familles homoparentales. Au fond, c’est le brouillage des identités de genre qui fait peur. Or cette appréhension est empreinte de réflexes culturellement construits, qu’il faut savoir dépasser au profit d’une organisation sociale reposant sur les valeurs d’émancipation individuelle, de liberté et d’égalité.

    « Mariage pour tous : On a été les pionniers » (Libération)

    Libération – 29 janvier 2013

    400 000 personnes à la manifestation pour l’Egalité à Paris

    Mariage pour tous : Manifester, pour quoi ?

    Voici le texte d’une tribune que j’ai rédigée pour appeler à la manifestation pour l’Egalité de ce dimanche et que le « Huffington Post » a publiée ce 26 janvier 2013. Vous pouvez la lire également sur le site du journal en cliquant ici.

    La manifestation de ce dimanche 27 janvier ne sera pas, ne doit pas être, une manifestation comme les autres. Il faut l’inscrire dans l’histoire de notre République. Une histoire en mouvement qui incarne notre quête permanente d’égalité, de vérité et de progrès.

    La manifestation du 13 janvier dernier, que je qualifie de manifestation « pour l’inégalité », a révélé à quel point le conservatisme trahit l’essence de la France, mais il trahit surtout, de manière plus contradictoire encore, les prétendus fondements de ce conservatisme. L’amour du prochain, la générosité, l’égalité de tous devant ces sentiments indispensables à la vie collective. Quelle est la place de ces sentiments tant évoqués dans le conservatisme désuet de ceux qui ont défilé contre le droit des autres ?

    L’absurdité de cette triste manifestation de repli, c’est qu’à la question de savoir pour quoi ils manifestaient, rien de véritablement positif n’en ressort.

    Les conservateurs nous parlent du droit des enfants : le premier droit d’un enfant, n’est-il pas d’être voulu, accueilli et aimé ? Revenons à cette vérité première qu’un enfant qu’on adopte, c’est d’abord un enfant abandonné. En vertu de quelles lois de la nature un enfant serait-il mieux aimé par un couple hétérosexuel que par un couple de même sexe ? L’amour et la filiation sont un apprentissage, qui se fait indépendamment des liens naturels. Les souffrances et les traumatismes d’un enfant ne se déroulent-ils pas bien souvent à l’ombre d’un père et d’une mère ? Faudrait-il pour cela intenter un procès en moralité pour tous les pères et toutes les mères qui n’ont pas su accueillir et aimer un enfant? L’enfant a besoin d’une société qui crée les conditions de l’amour et du soutien auxquels il a droit, en aucun cas la société et les lois de la République n’entendent effacer la vérité sur les origines de l’enfantement. Là où les conservateurs veulent une société paralysée à l’état de nature, les progressistes travaillent à une société où prévaut l’état de droits. Voilà l’essence de notre République.

    Aux conservateurs s’ajoutent les opportunistes et les marchands de croyances, à l’affût de nouvelles parts de marché. Des religieux, de bonne ou mauvaise foi, tentent de s’emparer d’un sujet d’amour pour mobiliser leurs fidèles et en faire les futurs croisés prosélytes dont ils ont besoin pour remplir leurs salles. Certains chrétiens y verraient-ils une arme pour contrer l’influence de l’islam ? À quoi bon instrumentaliser l’amour, à quoi bon rassembler contre les droits des autres? En queue de peloton arrivent enfin certains politiciens de droite, prêts à voguer sur les eaux de ces conservatismes, dans le même esprit opportuniste.

    Comment en est-on donc arrivé à des manifestations pour l’inégalité, contre les droits des autres, contre l’amour républicain comme valeur civique ?

    D’une crise économique mondiale, on voudrait nous faire glisser vers une crise éthique, puis vers une crise politique, au travers desquelles ce serait l’ensemble des piliers des ordres symboliques, tels que le mariage, à être menacés. Tous les mystificateurs, des fast-prophets à paillettes et de blond teintés, foisonnent comme de nouveaux paladins autoproclamés de la nature officielle des choses. C’est à eux qu’il faut répondre dimanche 27 janvier 2013. Il faut leur répondre que l’on manifeste pour des droits et non pas contre l’amour des autres, qui ne menace ni les femmes, ni les hommes, ni les enfants ni la survie de l’espèce. De grandes nations comme l’Afrique du Sud, le Canada, la très sainte et catholique Espagne, la Norvège ou la Suède ont-elles disparu par le droit à l’amour des couples de même sexe ?

    Nous manifesterons dimanche pour le droit de tous à vivre dans une République en mouvement et c’est en cela que toute manifestation porte en elle les fondements de notre cohésion nationale. Venez nombreux, pour réaffirmer, encore et encore, que l’égalité, la fraternité et la liberté sont les seules valeurs pour lesquelles on doit infatigablement manifester.

    BIENVENUE À LA MAISON FLORENCE

    Interview de Florence Cassez publiée dans le journal « Centre-Ville » du 4ème arrondissement de Paris en décembre 2012.

    Défendons, soutenons, mais réformons notre cinéma

    Voici le texte d’une tribune publiée ce mercredi 23 janvier 2013 dans « Le Figaro » où j’appelle notamment à réfléchir à l’avenir de la convention collective de la production cinématographique.

    J’aime le cinéma. Je l’ai toujours aimé avec un mélange de fascination et d’interrogations : comment peut-on déployer un ensemble de moyens et mobiliser de multiples intervenants, par nature toujours contraints, et susciter autant d’émotions vraies et universellement partagées ? J’aime d’abord le cinéma en tant que spectateur, avant d’interroger cet art comme homme politique.

    Les conditions de possibilité de tous les arts, et sans doute plus particulièrement pour ce qui est du septième d’entre eux, reposent sur une mathématique complexe entre les impératifs artistiques, les moyens économiques, humains, sociaux et la volonté politique, liée à l’histoire d’une nation et d’un peuple tout entier, de soutenir leur expression.

    Après le maelström médiatique déclenché par le parti pris de Vincent Maraval, le politique doit se remettre dans la peau du spectateur, celle qui permet de juger un art pour ce qu’il révèle d’universel en chacun de nous par l’alchimie en acte des talents qui l’incarnent. Le « scandale systémique » dont parle le fondateur de Wild Bunch a ainsi tout d’abord permis de révéler des artistes comme Jacques Audiard, Pascale Ferran, Céline Sciamma, ou encore Éric Toledano et Olivier Nakache, sans oublier Agnès Jaoui, Zabou Breitman, Michel Hazanavicius, Emmanuelle Bercot…

    Scandale systémique, celui qui place les films français à 40 % des parts de marché du cinéma en France en 2012, part de marché stable depuis de nombreuses années et qui dévoile l’attachement des spectateurs français aux émotions que leur cinéma, qu’ils financent en partie, réussit avec génie à leur communiquer ? Sans ce système, ne serions-nous pas dans le cas de l’Espagne ou de l’Italie, où la part du cinéma américain dépasse 80 % ? En 2011, les 216 millions de spectateurs dans les cinémas français ont rapporté 1,3 milliard d’euros.

    Scandale systémique, celui qui place le cinéma français dans une géopolitique culturelle d’exception, où les Oscars ne sont que la partie émergée de cette consécration avec les cinq statuettes de The Artist ou les cinq nominations pour Amour, production majoritairement française ? Le cinéma français reste l’un des seuls qui percent avec force dans les festivals internationaux, convoité par les distributeurs du monde entier et salué par les maîtres du cinéma américain.

    Nous avons connu des scandales systémiques porteurs de bien moindres succès. Il est vrai pourtant que les vertus de ce système ne vont pas sans quelques ­ajustements. Il est vrai que les talents débouchent sur un « star-system » qui fait partie intégrante de l’économie du cinéma et qui doit en réduire les risques plutôt que les amplifier.

    Ces ajustements doivent être économiques autant que politiques. Économiques, le renforcement du crédit d’impôt y contribue en grande partie, notamment pour relocaliser les tournages en France ; à cela s’ajoute le renforcement du crédit international, pour attirer les tournages de grosses productions. Autant de mesures qui ont rassuré le secteur du cinéma, mais cela ne suffit pas.

    Il faut réfléchir à l’avenir de la convention collective de la production cinématographique, qui ne cesse de soulever de nombreuses interrogations. Le ­22 décembre 2012, la ministre de la Culture a ouvert la voie à une extension de cette convention, qui fixe les minima salariaux des techniciens, moyennant des dérogations provisoires pour les films à petit budget. Cette extension peut sans doute répondre à une volonté d’homogénéité pour ceux qui contribuent à la fabrication des films. Mais il faut en limiter les dérives et les risques, autant pour ne pas renchérir les coûts des films que pour ne pas léser la diversité cinématographique portée par les films à faible budget.

    Car la question en 2013 se posera en des termes simples : comment produire encore avec des sources de financement qui se contractent et dans un contexte où les minimums garantis versés par les distributeurs, les vendeurs internationaux, les éditeurs vidéo sont en baisse ?

    Les ajustements seront enfin politiques, car c’est là que notre exception trouve son origine. La critique un peu réactionnaire de l’art subventionné n’a pas lieu d’être : la subvention, rarement prédominante, n’empêche pas les talents d’éclore, elle facilite au contraire leur épanouissement. La France en a fait un principe de droits et de devoirs. Au politique d’inciter la profession du cinéma à aller vers plus de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources, d’aider à limiter la polarisation de ces ressources sur quelques films, de renforcer la distribution indépendante. C’est au politique, enfin, de plaider avec pugnacité, face aux autorités de Bruxelles, pour la taxation des fournisseurs d’accès à Internet – que ce soit le moyen de rester souverain dans cette exception culturelle et d’œuvrer ainsi pour que l’émotion réponde à des logiques autres que purement marchandes.

    Christophe Girard

    Vice-président de la Commission du film d’Ile-de-France
    Membre du comité directeur d’Unifrance Films
    Maire du IVe arrondissement de Paris

    De sinistre mémoire : Des locaux du PS vandalisés en Ile-de-France, inscriptions anti-mariage homo (AFP)

    NANTERRE, 21 jan 2013 (AFP) – Quatre locaux du Parti socialiste situés dans des communes des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne ont été vandalisés dans la nuit de dimanche à lundi et des inscriptions hostiles à l’ouverture du mariage aux homosexuels ont été retrouvées, a-t-on appris auprès des responsables socialistes locaux.

    Un local situé à Villejuif (Val-de-Marne) a eu sa vitrine brisée après le jet de pavés et des autocollants homophobes signés « jeunessesnationalistes.fr », un groupe d’extrême droite radical, ont été collés sur la devanture, a-t-on appris auprès du premier secrétaire de la fédération départementale, le sénateur Luc Carvounas qui a indiqué avoir porté plainte. L’élu a dénoncé « quelque chose de coordonné au niveau de l’Ile-de-France » et fustigé « un climat malsain » instauré par les opposants au « mariage pour tous ».

    A Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), ville dirigée par le centriste André Santini, la vitrine du local PS « a été brisée. On a retrouvé quatre impacts de jets de brique », a expliqué à l’AFP Thomas Puijalon, secrétaire de la section socialiste. « En bas, là où la vitrine n’était pas cassée, il y avait deux autocollants signés jeunesses-nationalistes.fr sur lesquels était écrit +homo, n’oublie pas que tu as eu un père et une mère+ », selon M. Puijalon, qui a aussi porté plainte et estimé les dégâts à 5.000 euros. Le premier secrétaire fédéral du PS, Philippe Sarre, a dénoncé un « acte intolérable ».

    Le local PS de Sèvres (Hauts-de-Seine), dont le maire est l’UMP François Kosciusko-Morizet, a subi le même sort: la vitrine a été brisée et des inscriptions « anti-mariage gay » ont été retrouvées, selon une source policière.

    A Malakoff (Hauts-de-Seine), ville dirigée par la communiste Catherine Margaté, des inscriptions ont été retrouvées sur le mur du local PS. « Il y avait des inscriptions à caractère homophobe taguées à la bombe rouge: +Homo non+ et +Adoption homo non+ », a dit à l’AFP Thibault Delahaye, secrétaire de la section PS locale. « Je suis assez surpris, ça ne ressemble pas à Malakoff, qui est une ville à gauche, mais on n’est jamais à l’abri d’une minorité réactionnaire prête à utiliser des moyens illégaux », a commenté M. Delahaye, précisant que la section PS avait porté plainte. La députée PS de la circonscription, Julie Sommaruga, a dénoncé dans un communiqué des « dérives discriminatoires indignes du débat démocratique en cours ».

    Le Parti socialiste a condamné « avec la plus grande fermeté » ces dégradations « inacceptables » qui « portent atteinte à la démocratie ». « Depuis plusieurs semaines, la droite et l’extrême droite jouent à un jeu dangereux: celui du mensonge et de la manipulation, attisant la violence et l’homophobie », ajoute le PS dans un communiqué.

    Communiqué de presse de Bertrand Delanoë sur la réforme du non-cumul des mandats

    Paris, le 17 janvier 2013
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Bertrand Delanoë

    C’est avec une profonde satisfaction que j’ai entendu hier soir le Président de la République réaffirmer son attachement très clair à la réforme du non-cumul des mandats. Cette avancée démocratique indéniable figurait au nombre de ses propositions lors de l’élection présidentielle mais également  parmi les conclusions de la commission présidée par Lionel Jospin. Je ne doute pas que le courage politique dont fait preuve François Hollande sur cette question soit perçu par les Français comme un vrai gage de confiance pour l’avenir. Cette confiance en notre capacité collective à faire progresser la démocratie sera déterminante pour surmonter la crise.

    Je souhaite donc que tous les parlementaires se saisissent rapidement et dans un esprit de rassemblement d’une réforme dont les Français partagent totalement l’esprit et les objectifs. L’application de cette réforme dès les élections municipales de 2014 doit plus que jamais rester l’objectif du gouvernement et de la majorité parlementaire.

    Hello Jodie

    Dimanche soir, à la cérémonie des Golden Globes, l’actrice américaine Jodie Foster a évoqué pour la première fois en public son homosexualité. Vous pouvez retrouver quelques-unes de ses déclarations dans l’article de NextLibération.fr ci-dessous ou bien consulter le site du journal en cliquant ici.

    Jodie Foster a remercié « l’un des plus grands amours de sa vie, son héroïque co-parent »

    L’actrice et réalisatrice américaine Jodie Foster a évoqué pour la première fois publiquement son homosexualité, dimanche soir aux Golden Globes, en rendant hommage à l’ex-femme de sa vie.

    L’actrice, qui a fêté ses 50 ans en novembre, était récompensée par l’Association de la presse étrangère à Hollyood (HFPA) pour l’ensemble de sa carrière. Et c’est au beau milieu de son discours qu’elle a lancé: «Je crois que j’ai un besoin urgent de dire quelque chose que je n’ai jamais été capable de dire en public et qui me rend un peu nerveuse, mais peut-être pas aussi nerveuse que ma porte-parole».

    «Alors je vais juste le dire, avec force et fierté, OK? Et je vais avoir besoin de votre soutienJe suis… euh… Je suis célibataire», a-t-elle plaisanté. «Je rigole», a-t-elle ajouté, «enfin, je ne rigole pas vraiment, mais presque. (…) Ca aurait pu être un grand discours de coming-out. Mais j’ai fait mon coming-out il y a mille ans, à l’Age de Pierre».

    L’actrice a alors évoqué «cette époque d’un autre âge où une jeune femme se confiait à ses amis, sa famille, ses collègues et ensuite, petit à petit, à tous les gens qu’elle connaissait et qu’elle rencontrait».

    «Mais aujourd’hui, apparemment, on me dit que toutes les célébrités doivent étaler leur vie privée avec une conférence de presse, un parfum ou une émission de télé-réalitéUn jour, les gens regarderont en arrière et se rendront compte à quel point c’était beau», a-t-elle regretté.

    Elle a ensuite rendu hommage à son ex-compagne, présente à la cérémonie avec leurs deux enfants. «Je ne pourrais en aucune façon être ici sans remercier l’un des plus grands amours de ma vie: mon héroïque co-parent, ex-compagne amoureuse et âme soeur, confesseur, partenaire de ski, conseillère, ma chère compagne pendant 20 ans, Cydney Bernard».

    Jodie Foster, révélée par «Taxi Driver» de Martin Scorsese en 1976, a commencé à jouer au cinéma à l’âge de 10 ans et a une filmographie d’une cinquantaine de titres à son actif, comme actrice ou réalisatrice. Elle a remporté l’Oscar de la meilleure actrice à deux reprises, pour Les Accusés (1988) et Le silence des agneaux (1991).

    Nextliberation.fr / AFP – 15 janvier 2013

    L’Eglise catholique au mépris du droit par Eric Fassin (Le Monde)

    Voici le texte d’une fort intéressante tribune du sociologue Eric Fassin parue en date du 15 janvier 2013 dans le journal « Le Monde ». Je vous invite à la lire ci-dessous ou bien à la consulter sur le site du Monde.fr en cliquant ici.

    L’Eglise catholique, au mépris du droit par Eric Fassin

    Femmes et homosexuels sont discriminés

    Dans un pays où nul ne s’avoue homophobe (ou presque), a-t-on le droit de s’interroger sur l’homophobie de l’Eglise catholique sans se voir taxé aussitôt d’une intolérance moyenâgeuse ? Le problème n’est pas tant que, malgré un ciel défavorable, elle mobilise avec la droite et l’extrême droite contre le « mariage pour tous ». Après tout, au sein même du Parti socialiste, les « Poissons roses », appelant à la manifestation du 13 janvier, l’ont jugée « égalitaire » et « radicalement anti-homophobe » ! D’ailleurs, les intégristes de Civitas s’emploient à blanchir les autres opposants au projet de loi, auxquels ils reprochent leurs slogans… anti-homophobes.

    La kitschissime Frigide Barjot est en effet assortie, non seulement de Laurence Tcheng, repentie supposée du hollandisme à la tête d’un groupe Facebook (« La gauche pour le mariage républicain »), mais aussi du président d’une association ad hoc : « Plus gay sans mariage ». S’affirmant homosexuel, Xavier Bongibault récuse toute contradiction. Mieux, il renverse l’accusation : « Ceux qui pensent ça sont eux-mêmes homophobes », avant de conclure : « Dire que les homosexuels devraient être pour le mariage homosexuel parce qu’ils sont homosexuels est une idéologie dans la droite ligne de celle d’Hitler » – une « reductio ad hitlerum » qui n’épargne pas François Hollande.

    L’homophobie aurait donc changé de camp – sinon l’homosexualité elle-même. De fait, après l’ange androgyne en Lycra, qui à l’automne déployait ses ailes entre des « papas » et des « mamans » d’Alliance Vita, et depuis que la « manif pour tous » impose un code vestimentaire (« carrés Hermès et serre-tête prohibés »), voire un déguisement (« troquer le tweed contre le cuir »), on en vient à se demander si, comme les chansons d’Abba, le travestissement n’aurait pas abandonné la Marche des fiertés pour les kermesses en rose contre l’égalité des droits…

    Ainsi, depuis les tee-shirts « Touche pas à mon pape », s’interroger sur l’homophobie de l’institution catholique serait faire preuve d’intolérance et de ringardise. Les saillies du cardinal Barbarin, primat des Gaules, mériteraient l’indulgence : « Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera. » Et le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, ferait juste preuve d’ironie : « Pourquoi ne pas envisager aussi une polygamie librement choisie » ?

    Bref, ces maladresses n’auraient aucun sens – même si le cardinal Bertone, numéro deux du Vatican, allait en 2010 jusqu’à attribuer l’épidémie de pédophilie révélée dans l’Eglise… à l’homosexualité. Et si, au contraire, ces « dérapages » disaient la vérité ultime de l’homophobie institutionnelle, comme de la xénophobie d’Etat lors du « grand débat » sur l’identité nationale ? L’homophobie n’est pas tant une affaire d’individus que d’institution. Le problème, c’est moins tel ou tel que l’Eglise elle-même.

    Il suffit de relire son catéchisme. « S’appuyant sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ». « Ils sont contraires à la loi naturelle ». Bref, « ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ». C’est pourquoi « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté ». Le catéchisme distingue donc les « actes » des « tendances homosexuelles foncières » : ces hommes et femmes « doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse », car pareille « propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart une épreuve ».

    Peut-on en conclure que l’Eglise catholique ferait montre d’homophobie envers les actes seulement, mais de charité à l’égard des personnes ? Hélas, leur abstinence ne suffit pas à absoudre les homosexuels. Certes, « on évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste ». Est-il donc des discriminations justes ? De fait, les évêques français se sont opposés à la pénalisation de l’homophobie. Quant au Vatican, il revendique ouvertement, dans une instruction de 2005, d’écarter les homosexuels du sacerdoce.

    Or les actes – également défendus aux prêtres hétérosexuels – ne sont pas seuls visés, mais aussi les « tendances » : « L’Eglise, tout en respectant profondément les personnes concernées, ne peut pas admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l’homosexualité », ni bien sûr ceux qui « soutiennent ce qu’on appelle la culture gay », mais surtout ceux qui « présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ». Et de protester à nouveau contre toute « discrimination injuste », au moment d’exclure des personnes pour ce qu’elles sont, et non pour ce qu’elles font. On n’imaginerait pas de refuser l’ordination à un juif converti ; en revanche, pour les homosexuels, respecter l’injonction de chasteté ne change rien.

    Ainsi, l’Eglise catholique est aujourd’hui, en tout cas en France, le seul employeur qui affiche fièrement une discrimination homophobe à l’embauche – au mépris du droit. Pire : l’Etat ne se contente pas de fermer les yeux ; il s’en fait le complice en terre concordataire, puisque les prêtres sont rétribués par l’argent public en Alsace-Moselle. Dira-t-on que la liberté religieuse échappe à la loi commune ? Mais qu’est-ce qui empêcherait alors une religion blanche de bannir les Noirs ou les Arabes ? Surtout, en quoi cette Eglise décomplexée est-elle en surplomb de la société, et donc en dehors du droit, dès lors qu’elle s’engage, à la messe et dans la rue, dans le combat politique ? N’est-elle pas aujourd’hui un lobby comme les autres ?

    L’Eglise catholique est-elle homophobe ? Ce sera aux tribunaux d’en juger, dès qu’un séminariste alsacien ou mosellan, écarté de la carrière ecclésiastique, aura porté plainte contre une telle discrimination dans l’emploi. Ce pourrait être l’occasion de contester une autre exclusion, tellement familière que la justice oublie de s’en soucier : les femmes sont interdites de sacerdoce. Peut-être le Vatican aura-t-il intérêt à moins se mêler de politique, s’il ne veut pas qu’en retour l’Etat se mêle davantage de ses affaires. Il faut rendre à César…

    Eric Fassin est sociologue (Université Paris-VIII), auteur notamment de « Démocratie précaire. Chroniques de la déraison d’Etat » (Ed. La Découverte, 2012).

    Communiqué de presse : Accueil des personnes sans-abri en Mairie du 4ème dans le cadre du plan Grand Froid

    Lundi 14 janvier 2013
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Christophe Girard
    Maire du 4e arrondissement de Paris

    Considérant la baisse des températures annoncée cette semaine, Christophe Girard, Maire du 4ème arrondissement, a décidé d’ouvrir dès ce soir les portes de la Mairie du 4ème aux personnes sans-abri.

    Dès ce lundi 14 janvier et durant plusieurs jours, la salle Jean Mouly située au rez-de-chaussée de la Mairie sera ouverte afin d’offrir aux sans-abri la possibilité de dîner et de dormir au chaud, permettant l’accueil de 25 personnes et le service de 50 repas.

    Ce dispositif d’accueil d’urgence lors de périodes de grand froid est mis en œuvre en partenariat avec des associations locales (La Croix-Rouge, Emmaüs et La Chorba), des bénévoles du quartier, les services de la Ville de Paris et de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement (DRIHL).

    C’est la onzième année consécutive qu’un dispositif d’accueil d’urgence pour les sans-abri est mis en œuvre par la Mairie du 4ème arrondissement, première mairie parisienne à avoir initié un plan Grand Froid.

    Christophe Girard, Maire du 4ème arrondissement : « Il n’y a de véritable démocratie que si chacun y trouve un toit, un lit et un repas. C’est juste notre devoir, mon devoir, d’y veiller. »

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