Alerte grand froid sur la culture
Le Président de la République nous avait habitué, lors de ses précédents vœux aux acteurs culturels, à l’annonce du « dégel » des crédits de la culture, en levant la « mise en réserve » prévue sur les subventions du Ministère de la Culture, malheureusement devenue une tradition. En janvier 2011, il affirmait ainsi, lors d’un discours au Grand Palais que « la réponse de la France à la crise, c’est de continuer à investir dans la culture, dans la recherche, dans l’éducation, dans les universités ». Un an plus tard, son discours a radicalement changé, portant uniquement sur les efforts que les acteurs culturels doivent faire dans un contexte de crise et sous-entendant très clairement qu’il n’y aurait aucun dégel des crédits en 2012. Plus qu’une déception, c’est une vague de froid polaire qui frappe les opérateurs culturels.
Après la hausse de la TVA sur les biens culturels, qui a affaibli des secteurs déjà fragilisés, notamment celui du livre, l’année 2012 verra donc les structures financées par l’Etat subir une baisse de 6% de leur subvention, à l’exception de l’ASTP (Association de Soutien pour le Théâtre Privé), la seule à ne pas avoir été concernée par le gel de sa subvention. Pour ne prendre que quelques exemples parisiens, cette mesure signifie une baisse de 165 000 euros pour l’Orchestre de Paris, de 70 000 euros pour le Théâtre de la Bastille, de 118 000 euros pour le Théâtre du Rond Point, de 72 000 euros pour le festival d’Automne, de 76 000 euros pour le Théâtre de la Cité Internationale… Nous sommes bien loin de la « sanctuarisation » proclamée. Nous sommes bien loin de la « sanctuarisation » proclamée.
Certes, la crise requiert des efforts de chacun, mais faut-il rappeler que le budget du ministère de la culture représente à peine 1% du budget de l’Etat ? Qu’il atteint difficilement le sixième du budget du programme Rafale à lui seul ? Qu’en guise de réponse à la crise, le Président de la République a passé son mandat à faire des cadeaux fiscaux aux plus favorisés et à mener une politique aussi injuste qu’inefficace ? Faut il rappeler que la culture est un vecteur de croissance, d’emploi, de richesse et de dynamisme pour les territoires ?
Hélas, la culture se trouva fort dépourvue quand l’hiver fut venu. Vivement mai 2012 pour qu’elle connaisse un nouveau printemps. Question de civilisation.
Publié le: 06.02.2012 dans Humeur.
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