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Le Petit Livre Rouge de la Culture
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    Hôtel Dieu : Lettre ouverte à la Ministre de la Santé

     

    Vous pouvez retrouver la lettre ouverte dans son intégralité en cliquant ici

    Changer de vie avec succès

    Découvrez  le parcours atypique de Vincent Simonet dans l’émission itinéraire sur France info en cliquant ici

    Conférence IDEAS City, New-York, 2013

    Dans la grande salle du Cooper Union pour parler de Paris et défendre notre exception culturelle

    Mariage homosexuel : 67% des Français pour un arrêt des manifestations (ifop)

    PARIS, 02 mai 2013 (AFP) – Plus de deux Français sur trois se prononcent en faveur d’un arrêt des manifestations contre la loi sur le mariage homosexuel adoptée le 23 avril dernier, selon un sondage Ifop à paraître vendredi dans le journal gratuit Metro.

    Malgré la volonté affichée par le collectif « La Manif pour tous » de poursuivre ses actions, 67% des personnes interrogées estiment que ces manifestations devraient cesser, le Parlement s’étant exprimé.

    Le clivage politique reste cependant inchangé. Bien que partagés, les sympathisants de l’UMP (56%) et du Front national (55%) sont majoritairement favorables à une poursuite des manifestations destinées à contraindre le gouvernement à abroger la loi. A l’opposé, 88% des sympathisants du PS souhaitent un arrêt de cette mobilisation.

    Seuls 12% des sondés pensent que de nouvelles manifestations pourraient infléchir la position du  gouvernement. Un pessimisme qui gagne les rangs des opposants, lesquels sont seulement 21% à considérer que l’exécutif pourrait changer d’avis.

    De fait, l’adoption du texte semble renforcer progressivement la légitimité de la loi. 53% des personnes interrogées approuvent le vote de l’Assemblée nationale permettant le mariage homosexuel.

    Si la loi bénéficie toujours du soutien massif des sympathisants de gauche (79%), elle rencontre une opposition importante à droite, d’ailleurs plus forte chez les sympathisants de l’UMP (seuls 25% y sont favorables) que chez ceux du FN (36%).

    Sondage réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 26 au 27 avril, auprès d’un échantillon national de 961 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

    Le Parti Socialiste du 4ème arrondissement vandalisé !

     

    Cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

    C’est malheureusement pour vous annoncer une triste nouvelle que je vous écris aujourd’hui.

     Notre local de section du 4ème arrondissement a été vandalisé dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2013.

     Les deux vitrines du local ont subi des chocs violents, probablement à l’aide de pierres ou d’objets lourds. Aucune effraction n’a été constatée mais les vitrines devront être remplacées, gravement endommagées et constituant un risque pour les passants. Nous avons porté plainte au commissariat du 4ème arrondissement dans la journée d’hier.

     La violence politique nous atteint donc aujourd’hui. Après les détériorations de dizaines de locaux PS et de permanences d’élus en France ces dernières semaines, et l’attaque contre l’espace des Blancs-Manteaux très récemment, c’est à présent notre local qui est visé.

     Je condamne fermement ces violences inacceptables.

     Mais l’intimidation et le vandalisme ne sauront nous détourner de notre objectif : renouveler la confiance des habitants du 4ème arrondissement de Paris et des Parisiens en construisant dès à présent un projet pour 2014. Un projet qui n’oppose pas les citoyens mais qui les rassemble.

     En attendant de pouvoir nous réunir à nouveau dans notre local pour mener à bien notre ambition, je vous donne rendez-vous :

    lundi 6 mai à 19h30

    devant notre local

     Afin de montrer calmement que rien ne saurait user notre détermination à défendre le progrès, l’égalité et la liberté.

     Amitiés socialistes,

    Grégory Bernard

    Votre secrétaire de section, plus déterminé que jamais.

    « Des hommes et des Murs » de Joaquim Pueyo


    Livre remarquable qui bouscule les tabous. « Des hommes et des Murs » de Joaquim Pueyo (Cherche-Midi)

    Hidalgo prête à rouvrir le dossier du travail le dimanche (AFP)

    PARIS, 24 avr 2013 (AFP) – La candidate du PS à la mairie de Paris Anne Hidalgo, invitée des Echos TV mercredi, s’est dite favorable à la réouverture de l’épineux dossier du travail le dimanche.

    « Je pense qu’il faut en discuter, en tout cas sur les zones touristiques (…) je suis prête à revoir cette carte des zones touristiques à Paris, mais je veux que la condition soit celle du dialogue social », a déclaré Anne Hidalgo.

    Il existe actuellement sept zones touristiques à Paris : une partie de la rue de Rivoli, la Place des Vosges et la rue des Francs-Bourgeois, la rue d’Arcole, l’avenue des Champs-Elysées, une partie du viaduc des Arts avenue Daumesnil, une partie du boulevard Saint-Germain, une partie du quartier de la Butte-Montmartre.

    Dans ces zones, l’employeur peut donner un repos hebdomadaire par roulement à tout ou partie du personnel et n’est pas obligé de majorer le salaire horaire du dimanche, sauf accord de branche ou d’entreprise.

    Faute d’accord existant, des négociations sur des contreparties entre syndicats et patronat doivent être engagées mais sans obligation de résultat.

    La favorite de la primaire devant désigner le candidat de l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet avait elle aussi proposé début avril l’extension des zones touristiques, s’attirant de vives critiques du Front de gauche parisien.

    Le président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris Ian Brossat avait dénoncé dans un communiqué une « déclaration de guerre au monde du travail », et « une aberration économique, alors même que toutes les études prouvent qu’une extension du travail dominical nuirait au petit commerce ».

    La République a rendez-vous avec son histoire (Huffington Post)

    Découvrez ma tribune parue hier dans le Huffington Post en cliquant ici

    Mariage homo: Bartolone a reçu une lettre de menaces contenant de la poudre de munitions (AFP)

    Derive à l’américaine de notre démocratie.

    PARIS, 22 avr 2013 (AFP) – Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a reçu lundi une enveloppe contenant de la poudre de munitions et une lettre le mettant « en demeure de surseoir au vote définitif de la loi sur le mariage pour tous » mardi, a annoncé son entourage à l’AFP.
    La lettre, signée d’une « Interaction des forces de l’ordre » se termine par les mots: « Nos méthodes sont plus radicales et expéditives que les manifs, vous avez voulu la guerre, vous l’avez ».
    L’enveloppe, arrivée lundi matin au Palais Bourbon, était adressée à la « présidence de l’Assemblée nationale » et comportait au dos les mots « explosifs, exceptionnellement sans allumeurs ».
    Le courrier va faire l’objet d’une expertise dans le cadre de l’enquête préliminaire conduite par le parquet antiterroriste ouverte fin mars après l’envoi de courriers de menace déjà signés par ce même groupe « Interaction des forces de l’ordre » (IFO) qui visaient le juge bordelais Jean-Michel Gentil et plusieurs journalistes, a-t-on appris de source judiciaire.
    Immédiatement dépêchés sur place, des experts du laboratoire de la préfecture de police ont confirmé qu’elle contenait bien de la poudre de balle, selon l’entourage de Claude Bartolone.
    « Citoyen Bartolone, par ce courrier vous êtes mis en demeure de surseoir au vote définitif de la loi sur le mariage pour tous », commence la lettre d’une page tapée à l’ordinateur, selon la même source.
    « Le mariage pour tous équivaut à la suppression totale du mariage. Au cas où vous passeriez outre cet ultimatum, votre famille politique aura à en souffrir physiquement » poursuit la missive, avant un long réquisitoire contre le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.
    « Le temps présent où vous estimez illégales les manifestations dès l’instant où elles sont hostiles à votre système est révolu », ajoute le texte.
    Après une semaine de débats la semaine dernière, ponctuée de plusieurs manifestations des opposants au mariage gay, dont une dimanche à Paris qui a réuni entre 45.000 et 270.000 personnes, le projet de loi doit être adopté définitivement mardi par le Parlement, par un ultime vote de l’Assemblée.

    Tensions à l’Assemblée : « qu’aurait pensé De Gaulle? » (Europe1)

    J’étais ce matin l’invité de Bruce Toussaint dans Europe 1 Matin. Cliquez ici pour retrouver des extraits de l’inteview.

    Girard (PS) sur le mariage gay: « c’est la République qui décide » (AFP)

    PARIS, 19 avr 2013 (AFP) – Le maire PS du IVe arrondissement de Paris, Christophe Girard, a réfuté tout passage en force pour la loi sur le mariage homosexuel, faisant valoir qu’après sept mois de débat « c’est la République qui décide ».

    Comme Europe 1 lui demandait si la gauche ne se trompait face à une France pas encore prête pour cette réforme, M. Girard, pionnier de la lutte pour la reconnaissance de l’homoparentalité et qui entend se marier dès que possible avec son compagnon, a répondu: « On ne se trompe jamais pour la liberté, l’égalité ».

    « Où est l’esprit de la Ve république ? Imaginez un instant ce que le général de Gaulle et Michel Debré » auraient « pensé des débats et des dérives au Parlement ! », a-t-il lancé.

    Il a réfuté tout passage en force: « Ca fait sept mois que nous débattons » et « puis ce n’est pas un sujet nouveau ».

    « C’est la République qui décide », a poursuivi M. Girard.

    La hausse des insultes homophobes ? Il a pointé « une dérive générale » en pointant aussi des insultes antisémites, anti-arabes, misogynes »…

    Pour lui, l’homophobie, « c’est la peur de soi-même ».

    « Il faut appeler à la raison, à la citoyenneté », a-t-il poursuivi, ne souhaitant pas épiloguer sur les menaces qu’il reçoit « comme tous ceux qui s’assument ». « N’en rajoutons pas ».

    Il se mariera « dès que la loi sera promulguée, le 8 juin, pour la plus grande joie de mes enfants ».

    Mardi, jour de vote définitif de la loi, « j’appelle tous ceux et celles qui aiment la liberté, qui aiment l’amour, à venir » devant sa mairie, « un coeur à la main, pour une Saint-Valentin de la République ».

    Delanoë inaugure à Barbès le cinéma le Louxor (AFP)

    PARIS, 17 avr 2013 – Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a inauguré mercredi le cinéma le Louxor, qui ouvrira jeudi ses portes au public après deux ans et demi de travaux, qui ont permis de restituer au bâtiment ses décors égypto-art déco d’origine.

    Situé dans le quartier populaire de Barbès, au carrefour des IXe, Xe et XVIIIe arrondissements, le cinéma construit en 1921, et dont la façade et les toitures ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1981, a été transformé en boîte de nuit en 1983, et était désaffecté depuis 1987.

    « L’histoire du Louxor et de sa rénovation est l’histoire d’un coup de tête et d’un coup de coeur », a déclaré le maire de Paris à ses nombreux invités, réunis dans la grande salle du cinéma, baptisée Youssef Chahine en l’honneur du réalisateur égyptien.

    La Ville, qui a racheté en 2003 le bâtiment à la famille Ouaki, propriétaire des magasins Tati situés de l’autre côté du carrefour, a investi 25 millions d’euros pour restaurer sa façade, reconstruire la grande salle avec ses trois niveaux – l’orchestre, le balcon et le poulailler – et ses décors égyptiens, et créer deux nouvelles salles de cinéma dans les caves.

    M. Delanoë, élu du XVIIIe depuis 1986, a dit à la presse son espoir de voir le nouveau cinéma contribuer à changer le quartier, davantage connu pour ses divers trafics que pour son rayonnement culturel.

    « Avec les élus de ces quartiers (…) nous voyions depuis des décennies cette espèce de chancre à Barbès. Et ce chancre contribuait à une forme de désespérance. Comme ce sont des quartiers où il y a eu beaucoup d’innovations, des logements, des crèches, des écoles, des jardins, des lieux dédiés aux sports, ça n’était pas possible de garder en son coeur quelque chose qui est une insulte au patrimoine, et une insulte à la vie », a-t-il expliqué.

    L’exploitation a été confiée à un trio composé de Carole Scotta, dirigeante de la société indépendante de production et de distributions Haut et Court, Martin Bidou, exploitant (le Vincennes, le Nouvel Odéon, le Max Linder) et directeur des ventes de Haut et Court, et Emmanuel Papillon, directeur pendant 20 ans du cinéma Jacques Tati à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) et actuel directeur de la section d’exploitation de l’école de cinéma la Femis.

    A charge pour eux de proposer une programmation exigeante axée sur le cinéma d’art et essai et les cinémas du Sud, et d’ouvrir le cinéma vers le quartier.

    Fabien Chalon, ingénieur-poète (Côté Paris / Avril-Mai 2013)

    Bel article sur le travail de l’artiste Fabien Chalon, dans le Magazine Côté Paris.

    Le Siphon nouveau spectacle d’Aurélien Rousseau

    Je vous recommande Le Siphon, dernier spectacle d’Aurélien Rousseau.

    Papa bleu, maman rose (Le Monde)

    Je vous recommande la lecture de cette tribune de Florence Dupont dans le Monde d’aujourd’hui.

    Papa bleu, maman rose

    Les fanions et les banderoles des opposants au mariage pour tous montrent une famille normée. Parents et enfants y ont un rôle prédéterminé. Nulle place n’y est laissée pour la différence

    Du bleu et du rose partout dans le ciel de Paris : les manifestants contre le projet de loi sur le mariage pour tous ont déferlé dans les rues de la capitale en agitant des milliers de fanions, de drapeaux et de banderoles à ces deux couleurs. Ils en ont saturé les écrans télé. Rose et bleu, la  » manif  » est la croisade des enfants.

    Bleu ou rose : les deux couleurs qui marquent les bébés à l’instant de leur naissance assignent à chacun, définitivement, sa résidence sexuelle. La médecine, l’état civil et ses premiers vêtements enferment l’enfant à peine né dans l’alternative du genre.  » Tu seras un papa bleu, mon fils.  »  » Tu seras une maman rose, ma fille. « 

    D’un coup d’oeil, le médecin ou la sage-femme a repéré les organes génitaux qui vont officiellement déterminer l’un ou l’autre sexe du bébé – tant pis s’il y a un doute… Il faut choisir tout de suite. L’acte de naissance devra dans les trois jours dire si c’est une fille ou garçon.

    L’éducation commence immédiatement, pas de pipi-caca incontrôlé. Le bébé bien propre dans sa couche est asexué. La puéricultrice lui met un ruban rose ou bleu au poignet. Chacun va s’évertuer à lui inculquer son genre. Caroline doit savoir tout de suite qu’elle est une adorable petite créature dans sa layette rose, et Thibaut en bleu ciel entendre qu’il est un petit mec  » qui sait déjà ce qu’il veut « . Chacun doit s’extasier, à un premier sourire séducteur,  » c’est bien une fille « , à la première colère,  » c’est bien un garçon « .

    Quelques parents rebelles habillent de jaune ou de vert pomme leur nouveau-né sous l’oeil courroucé du personnel des maternités. Si en plus l’enfant s’appelle Claude ou Dominique, ces parents-là ne leur facilitent pas le travail. Comment s’y retrouver ? Car il faut s’y retrouver ! Bleu et rose sont les couleurs d’un marquage permettant de commencer dès la naissance la reproduction sociale du genre.

    Cette stratégie de communication, qui emprunte sa symbolique aux couleurs des layettes, a été évidemment voulue par les adversaires de la loi Taubira. Ils ont fait de leur mieux pour brouiller leur image de droite. Sur le modèle du  » mariage pour tous « , ils ont inventé la  » manif pour tous « , pour faire oublier qu’ils manifestent contre l’égalité. En parlant de  » manif « , ils empruntent au peuple de gauche son vocabulaire. La manif ! On s’encanaille pour la bonne cause. Mais ont-ils assez réfléchi à la mythologie des couleurs choisies pour leur campagne ?

    Le  » bleu et rose  » est une innovation dans les couleurs de la rhétorique militante. On connaissait le bleu  » Marine « , le vert des écolos, le rouge de la gauche… Le bleu et rose est plus qu’un signe de ralliement original. C’est un slogan. Le drapeau français brandi dans la manif n’est plus bleu, blanc, rouge, mais bleu ciel, blanc et rose.

    En 1998, les Français avaient célébré la victoire d’une équipe  » black, blanc, beur  » lors de la Coupe du monde de football. Le peuple de la diversité renommait ainsi les trois couleurs du drapeau français. Le jeu verbal sur les trois  » b  » réunissait trois langages, le  » black  » américain faisait écho aux mouvements noirs pour les droits civiques, le  » beur  » repris au verlan des quartiers avait la même sonorité émancipatrice, le  » blanc  » était l’élément neutre de cette série, désignant avec humour les autres. Ce n’étaient pas trois communautés, mais trois façons d’être français qui avaient gagné ensemble.

    De la même façon, la victoire de l’Afrique du Sud dans la Coupe du monde de rugby 1995 avait marqué la naissance de la  » nation arc-en-ciel « . L’arc-en-ciel est plus que la réunion de toutes les couleurs, il symbolise un continuum, le spectre de la lumière blanche décomposée, il offre une diversité potentiellement infinie de nuances. C’est pourquoi le drapeau arc-en-ciel est aussi celui de l’association Lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT). Chacun est différent et l’union des différences fait une société apaisée et fusionnelle.

    Bleu, blanc, rose, le drapeau national, infantilisé, est au contraire l’emblème d’un peuple de  » Blancs  » que ne distingue entre eux que le genre attribué à la naissance. Un genre qui garde l’innocence de l’enfance – Freud ? connais pas – et sa pureté sexuelle.

    Le logo dessiné sur ces fanions rose et bleu répète à l’infini l’image de la famille  » naturelle « . Quatre silhouettes blanches – un père, une mère et un fils, une fille – sont accrochées l’une à l’autre comme dans les guirlandes de papier découpé que les enfants font à la petite école. Le papier est plié en accordéon ; le modèle est dessiné sur le premier pli, on découpe, et en dépliant, on obtient une ribambelle de figures toutes semblables qui se tiennent par la main et forment une farandole. Chaque logo est ainsi un morceau de la guirlande. Toutes les familles sont identiques. Ce sont des clones.

    Que nous dit cette famille exemplaire ? Au centre, un homme et une femme se donnent la main, chacun d’eux tenant de l’autre main un enfant du même sexe qu’eux, un garçon ou une fille. Les adultes sont grands, les enfants sont leurs doubles en petit. Ils sont identifiables par les signes extérieurs de leur genre, distribués en marqueurs binaires. L’homme a, comme le jeune garçon, les cheveux courts et des pantalons. La femme a les cheveux mi-longs, la petite fille a des couettes ; toutes les deux ont une jupe qui entrave leur marche, au point que la fillette a les deux jambes soudées.

    Les deux enfants tendent leur bras libre pour entraîner leurs parents  » à la manif « . Le petit garçon tire son père avec force. La petite fille ne fait qu’esquisser le geste de son frère. L’homme est légèrement plus grand que la femme, il se tient fermement sur ses deux pieds, c’est lui qui conduit sa femme qu’il tient de sa main droite. Elle est légèrement en arrière.

    Ce logo, qui mime la naïveté d’un dessin d’enfant, est clairement sexiste : le père protecteur et fort, le fils volontaire et décidé, la mère qui suit, et la petite fille timide. Le dispositif proclame l’homosocialité de la reproduction. La petite fille a sa mère pour modèle, le petit garçon, son père.

    Les organisateurs ont enjoint à leurs troupes de n’utiliser que le matériel de campagne, créé et fourni par eux. Ils veulent garder la maîtrise de la communication. On comprend pourquoi en voyant quelques initiatives locales qui ont échappé à leur contrôle politique et révèlent les non-dits du logo.

    L’affiche d’un collectif de Bordeaux, publié sur Internet, reprend les quatre figures, mais sans la fiction puérile du papier découpé. Le cadre énonciatif a changé, ce sont les adultes qui s’expriment dans l’image. L’homme, beaucoup plus grand que sa femme, se tourne vers elle pour l’entourer d’un bras protecteur. Celle-ci a les cheveux très longs et une minijupe. Maman est sexy. La fillette, carrément derrière, a au contraire une longue robe. Les enfants n’entraînent plus les parents à la manif, ce sont eux qui les y mènent. Garçon et fille se tournent vers eux apeurés. Et le père est si grand qu’il arrache presque le bras de son fils.

    A part ces quelques dérapages, blanches sur fond bleu ou rose, roses sur fond blanc, les mêmes quatre silhouettes soudées de la famille exemplaire sont reproduites par milliers, exactement semblables : un cauchemar identitaire.

    Hommes, femmes : le principe d’identification du genre est emprunté aux pictogrammes des toilettes publiques. Chacun derrière sa porte. Chacun son destin. Chacun sa façon de faire pipi, debout ou assis. Ces manifestants, qui revendiquent  » du sexe, pas du genre ! « , utilisent des symboles et des logos qui disent au contraire :  » Ne troublez pas le genre « ,  » Rallions-nous aux pictogrammes des toilettes, ils sont naturels « . Pour ces prisonniers de leur anatomie puérile, traduite en contraintes sociales du genre, quelle sexualité  » naturelle  » ? Leur innocence bleu et rose n’autorise que le coït matrimonial pour faire des filles et des fils qui seront les clones de leurs parents et ajouteront un module à la farandole.

    Aucune place n’est faite aux enfants différents ! Aucune place pour les pères à cheveux longs, les femmes et les filles en pantalon, les mères voilées, les pères en boubou ! Aucune place pour les familles différentes aux parentés multiples – monoparentales, recomposées, adoptives – ! Aucune place pour les familles arc-en-ciel.

    La famille nucléaire dessinée sur le logo et présentée comme naturelle n’est que le mariage catholique bourgeois du XIXe, adopté au XXe siècle par les classes moyennes et désormais obsolète. C’est une famille étouffante et répressive, la famille où ont souffert Brasse-Bouillon et Poil de carotte, famille haïssable de Gide, noeud de vipères de Mauriac.

    Sur les logos bleu et rose des adversaires du mariage pour tous, la famille est filtrée par le regard des enfants, les adultes n’existent que pour être leur papa et leur maman naturels. Papa bleu et maman rose ne sont pas un couple hétérosexuel, mais une paire de reproducteurs  » blancs « .

    Florence Dupont

    Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure,agrégée de lettres classiques, elle est professeur de latin à Paris-Diderot. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages sur le théâtre et la littérature antiques, dont  » Homère et Dallas. Introduction à la critique anthropologique  » (Hachette, 1990), et  » Rome, la ville sans origine  » (Gallimard, 2011). Son dernier ouvrage,  » L’Antiquité territoire des écarts « , entretiens avec Pauline Colonna d’Istria et Sylvie Taussig, vient de paraître chez Albin Michel (302 p., 22 €).

    Le mariage homosexuel franchit l’obstacle du Sénat plus facilement que prévu (AFP)

    Le mariage homosexuel franchit l’obstacle du Sénat plus facilement que prévu

    PARIS, 12 avr 2013 (AFP) – Le projet de loi sur le mariage homosexuel a passé plus aisément que prévu l’obstacle du Sénat qui l’a adopté, à son tour, vendredi, malgré une guérilla parlementaire de la droite et les manifestations de rue des opposants.

    A l’issue de plus d’une semaine de débats intenses, parfois virulents, les sénateurs ont voté à main levée le texte, qui va retourner désormais à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture.

    Le premier article, le plus important, qui ouvre le mariage aux couples de même sexe, a été voté « conforme », c’est-à-dire dans les mêmes termes qu’en février lors de la première lecture à l’Assemblée. Sauf surprise lors des prochaines étapes du parcours parlementaire, cet article est donc définitivement adopté.

    La gauche PS, PCF, écologiste, RDSE (à majorité PRG) a soutenu le texte, tandis que l’UMP et les centristes (UDI-UC) ont longuement bataillé contre. Cependant à droite comme à gauche des voix divergentes se sont exprimées, notamment Chantal Jouanno (UDI-UC) qui a appelé à voté pour, ou Nicolas Alfonsi (PRG) contre.

    Pour que la position des sénateurs absents dans l’hémicycle au moment du vote puisse être connue, tous les groupes ont demandé que soit publié au Journal Officiel le détail des intentions de vote de chacun de leurs membres.

    La fatigue aidant, aucun groupe n’a demandé à voter par scrutin public, procédure qui permet de faire voter les absents et qui a été utilisée fréquemment pour les amendements et articles

    La surprise a été le vote unanime du groupe socialiste de l’article premier, sénateurs d’outre-mer compris alors qu’on prédisait l’abstention pour certains voire un vote contre.

    « Il y a en chacun d’entre nous une émotion profonde (…) Vous avez renforcé le pacte républicain, nous reconnaissons simplement la pleine citoyenneté des couples homosexuels », a déclaré la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

    « La fierté nous envahit avec ce vote qui fait avancer la société », a lancé le patron des sénateurs PS, François Rebsamen.

    Le groupe écologiste a salué « la première avancée sociétale de ce mandat », tandis que son patron, Jean-Vincent Placé, évoquait son expérience d’enfant adopté pour assurer que les couples homos adopteront « non pour satisfaire un désir mais pour donner de l’amour ».

    C’est « une nouvelle étape dans la marche vers le respect de l’égalité, fondement de notre République » s’est félicité le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, qui a présidé le débat comme l’avait fait en début d’année à l’Assemblée nationale Claude Bartolone.

    La droite portée par les manifestations de rue des opposants – une nouvelle était programmée en soirée dans le quartier du Sénat – a mené une guérilla parlementaire, dénonçant inlassablement le texte en multipliant les interventions face à une gauche qui avait choisi de limiter les siennes pour ne pas ralentir la discussion.

    « Vous ajoutez une rupture sociétale à une crise sociale, ne croyez pas que le vote de la loi n’effacera pas cette rupture », a averti l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP).

    « Cette loi est une tromperie, qui va légaliser une fraude car au bout il y a la GPA (gestation pour autrui, ndlr). C’est une injustice pour les enfants qui ne connaîtront ni papa ni maman, ce double visage de l’humanité » a protesté l’ancien villiériste Bruno Retailleau (UMP).

    « Je regrette profondément que l’on sacrifie le droit des enfants à une promesse de campagne », a fustigé le président du groupe UDI-UC François Zocchetto.

    Le débat a été rude dans un hémicycle bien garni à l’atmosphère électrique avec des empoignades ainsi quand le patron du PCF et sénateur Pierre Laurent a traité la droite d’ »homophobe » s’attirant les foudres de Jean-Pierre Raffarin, ou quand Bruno Retailleau a évoqué la « couleur » de l’écologiste Esther Benbassa.

    Les amendements UMP ou UDI-UC proposant une union civile pour les homos ont été repoussés. Les écologistes et les communistes ont retiré après les avoir présentés leurs amendements sur la GPA et la PMA (procréation médicalement assistée).

    Le Sénat a précisé juridiquement le texte issu de l’Assemblée nationale en votant un article qui consacre un principe général d’égal traitement entre époux ou parents homos ou hétéros. Il a simplifié les dispositifs de célébration du mariage et garanti que des adoptions successives ne conduisent pas à des pluri-parentalités. Pour le nom de famille, il a établi la règle traditionnelle d’attribution sauf en cas de désaccord où l’enfant recevra le nom des deux parents accolés dans l’ordre alphabétique. Enfin Mme Taubira a indiqué qu’il n’y aurait qu’un seul livret de famille pour tous les couples.

    L’égérie des opposants au mariage homosexuel Frigide Barjot a appelé cette semaine à une nouvelle manifestation nationale le 26 mai.

    Delanoë promet de rester maire de Paris jusqu’à mars 2014 (AFP)

    PARIS, 09 avr 2013 (AFP) – Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), dont le nom est parfois évoqué pour un portefeuille ministériel en cas de remaniement gouvernemental, s’est engagé mardi à rester maire jusqu’à la fin de son mandat, en mars 2014.

    « J’ai beaucoup de défauts, mais je fais ce que je dis. Et j’ai des principes, et je les applique. J’ai dit que j’ai reçu un mandat du suffrage universel, maire de Paris (…) il me reste onze mois, je serai fidèle et loyal vis-à-vis de mes concitoyens (…) C’est un contrat de confiance: jusqu’à mars 2014 je serai maire de Paris », a déclaré M. Delanoë à BFMTV.

    Plusieurs voix se sont élevées ces derniers jours à droite pour réclamer un remaniement gouvernemental à la suite de l’affaire Cahuzac. Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë et candidate à sa succession, avait estimé la semaine dernière qu’il faudrait se poser la question d’un nouveau gouvernement, mais « peut-être pas à chaud ».

    « Colère et tristesse » de Delanoë après l’agression d’un couple gay à Paris (AFP)

    PARIS, 08 avr 2013 (AFP) – Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a dénoncé lundi la « brutale agression à caractère homophobe dont ont été victimes deux Parisiens dans la nuit de dimanche à lundi », et regretté « le contexte d’homophobie latente qui s’exprime (…) en marge des débats sur le mariage pour tous ».

    « J’apprends avec colère et tristesse la brutale agression à caractère homophobe dont ont été victimes deux Parisiens dans la nuit de dimanche à lundi. Le déchaînement de violence qu’a subi ce couple au seul motif qu’il se tenait par la main est profondément inquiétant et parfaitement inqualifiable », a déclaré le maire de Paris dans un communiqué.

    « Je souhaite que toute la lumière soit faite sur cet acte lâche et barbare, et que les auteurs soient rapidement interpellés et condamnés », a-t-il poursuivi.

    « Après les dégradations perpétrées à l’espace des Blancs Manteaux à l’occasion de la quatorzième édition du Printemps des associations LGBT, cette agression signe une montée inquiétante de la violence contre les homosexuels. Je déplore le contexte d’homophobie latente qui s’exprime à Paris et en France en marge des débats sur le mariage pour tous », a-t-il dit.

    « En condamnant avec la plus grande fermeté tous les témoignages de haine et de violence adressés ces derniers jours aux homosexuels, je forme le voeu que le débat sur le mariage pour tous s’inscrive dans le respect le plus absolu de la dignité et de l’intégrité de chacun », a conclu le maire.

    Mon intervention devant les associations du Printemps des Assoces LGBT

    La France avait pris beaucoup de retard pour l’Égalité des droits. Elle va enfin rejoindre le camp des démocraties avancées et respectueuses des vies de chacune et de chacun.

    Comme cela s’est déjà produit lors de périodes sombres de notre histoire, des factions, des réactionnaires, des intolérants tentent d’empêcher la démocratie française de progresser.

    Ces groupes tentent de faire croire qu’ils parlent au nom des familles et des enfants en instrumentalisant aussi parfois des citoyens de bonne foi et avec la complicité de certains politiques.

    En fait, ils n’ont qu’un objectif : maintenir leur vision étriquée et hypocrite de la société et leurs superstitions tout en créant du desordre et du chaos. On n’a jamais vu dans l’histoire des manifestations contre le droit élargi à d’autres. Ce sont les mêmes qui refusaient le droit de vote aux femmes, le droit d’avorter et soutiennent la peine de mort. Ils ne nous font pas peur car nous sommes des millions d’hommes et de femmes déterminés, libres et attachés à la devise de la République.

    Nous voulons pour nos couples et nos enfants une France juste et protectrice. Vive la Liberté d’aimer. Vive l’Égalité des droits. Vive la République !

    Un homme bien (Libération)

    Je vous recommande la lecture du portait de Tony Estanguet. (Journal Libération du 5 avril 2013)

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