Posté le 21 octobre 2014 par Admin2

Pour une politique du temps libre

La disqualification généralisée de la pensée a commencé. Après la machine à vapeur qui a accusé la faiblesse du corps de l’homme et l’approximation de ses gestes, la machine informatique est en train de souligner les lenteurs de la pensée. La nouveauté de la révolution informatique par rapport à la révolution industrielle n’est-elle pas en effet de substituer aux hésitations des pensées humaines l’infaillibilité aveugle d’opérations intelligentes ? Leroi-Gourhan a montré comment l’homme a progressivement extériorisé son corps et ses gestes, se fabriquant ainsi une sorte de vaste corps externe, démultiplié en extension et en puissance. Le silex a rempli les fonctions de sa mâchoire, la manivelle celles de son bras et la roue celles de ses jambes. Cette rationalisation pratique du corps humain arrive à présent à son terme ultime avec l’externalisation des fonctions de son organe cérébral. Le GPS, qui trace à notre place l’itinéraire, calcule le temps de trajet et nous dicte le parcours, met bel et bien notre pensée en vacances.

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